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L’histoire du Ku Klux Klan
Le Ku Klux Klan est une organisation fondée dans l’État du Tennessee par des vétérans, à la fin de la guerre de Sécession, après la défaite des États du Sud.
Le Ku Klux Klan doit son nom au grec Kuklos (cercle) et au latin Lux (lumière).
Les hommes composant cette organisation extrémiste opèraient la nuit à cheval, vêtus de draps blancs et de cagoules pointues.
Ces cavaliers-fantômes reprochaient à la communauté noire d’être à l’origine de la crise économique américaine.
En quelques années, ce mouvement a pris beaucoup d’ampleur et a compté plus de 500.000 membres répartis dans plusieurs autres États comme la Géorgie ou le Mississippi.
Dans leur vengeance aveugle, ils attaquaient des familles noires afin de les « punir » de leurs erreurs n’hésitant pas à les piller et à se livrer à des actes de barbarie.
Ces expéditions punitives consistaient en des flagellations, des émasculations et éventrations des femmes enceintes, des pendaisons ou encore à brûler vifs des hommes et des femmes sur un bûcher où trônait un grand crucifix en feu.
Ils prétendaient agir au nom de la race supérieure, la race blanche.
En 1871, le Sénat a proclamé cette organisation hors la loi.Malgré cette interdiction, le KKK a continué à sévir.
C’est ainsi qu’en 1871, 297 Noirs ont été lynchés à la Nouvelle-Orléans et 200 autres dans l’État du Mississippi.
De 1866 à 1914, ce sont plus de 4 600 personnes, des Noirs en majorité, qui ont été victimes de ces expéditions nocturnes.
En plus des victimes visées en raison de la couleur de peau, ces tortionnaires se sont par la suite attaqué à la vague d’immigrants du XXème siècle, peu important alors la race et la religion de leurs victimes, qu’elles soient Juives, Catholiques, homosexuelles, alcooliques ou tout simplement parce qu’ils les considéraient comme « immorales ».
En 1915, soit cinquante ans après la fin de la guerre de Sécession, David W. GRIFFITH a réalisé le film « La Naissance d’une Nation».
Contre toute attente, la sortie de ce film a remporté un grand succès avant d’être controversé par la population américaine en raison de ses propos racistes et de l’éloge des actions du Ku Klux Klan.
C’est à la suite de la projection de ce film que William Joseph SIMMONS a fait renaître l’organisation du Ku Klux Klan mais en modifiant sa ligne de conduite.
Il prétend désormais défendre l’Amérique puritaine et patriotique, et ses « vraies valeurs ».
En 1920, le KKK est devenu une véritable puissance politique avec plus de 5 millions d’adhérents à travers l’Amérique.
Cependant, dans les années 30 et 40, beaucoup de membres ont quitté cette organisation en raison des nombreux procès et scandales financiers dont ils faisaient l’objet.
Malgré un certain affaiblissement entre 1954 et 1966, le KKK ne s’est plus contenté de lynchages, et est passé à un stade supérieur en organisant et commettant des attentats.
C’est ainsi que près de 200 attentats à la bombe ont été commis dans les États de Géorgie, Alabama et Mississippi.
Suite à cette nouvelle vague de violences, le Ku Klux Klan a de nouveau été déclaré illégal et ne compte plus que 60 000 membres.
Entre 1980 et 1986, plus de 3.000 attentats, menaces ou meurtres ont été commis dans quelques États du Sud des États-Unis.
Aujourd’hui, le KKK est toujours actif mais secrètement et l’on compte encore près de 15 000 adhérents.
Bien qu’agissant dans l’ombre, cette organisation bénéficie d’une aide financière importante qui lui permet de se procurer et d’acheter des armes de plus en plus perfectionnées.
Leur idéologie s’articule sur le fait que la race blanche est supérieure à toute autre race, comme le faisait les nazis pendant la 2nde guerre mondiale.
Un sondage récent indique d’ailleurs que 11% des Américains se déclarent racistes.
Comme il a été ci-dessus exposé, le film « La Naissance d’une Nation » a fait l’objet de nombreuses controverses.
Réalisé en 1915 par David GRIFFITH, l’affiche du film présentait un chevalier du Ku Klux Klan arborant un crucifix en feu.
Dans le film, le réalisateur présente des esclaves Noirs, « heureux de leur situation », et ne cherchant nullement leur liberté.
Leur association avec la population Nordiste est considérée comme déplacée, et les esclaves sont dépeints comme des êtres capables du pire contre les fédéralistes.
On nous montre le KKK comme une organisation libératrice, qui veut mettre fin à « l’anarchie du régime noir » du Sud.
Pour confirmer sa vision des choses, David GRIFFITH explique qu’il s’est aidé de plusieurs sources et notamment du livre « The Clansman » écrit pas Thomas DIXON et des différents travaux du Président Woodrow WILSON.
C’est après la sortie du film et le succès qu’il a eu auprès de la population que William Joseph SIMMONS a fait revivre le Ku Klux Klan.
Dans de nombreuses villes, la NAACP (L’association Nationale pour l’avancement des Gens de Couleurs) a vivement protesté à la projection de ce film.
Elle a publié de nombreux articles de presse, réuni des pétitions contre ce film de propagande raciste.
Beaucoup d’émeutes ont éclaté notamment à Philadelphie et à Boston.
De nombreuses autres villes comme Chicago et Denver décidèrent de ne pas le projeter.
Bien plus encore, la sortie de ce film a généré des scènes d’une extrême violence, et notamment dans l’Indiana où il y a eu un meurtre commis par un homme blanc qui a tiré sur un adolescent noir après avoir vu le film.
La question de la censure de certains films s’est donc légitimement posée.
Il convient de préciser qu’un bureau national a été crée en 1909 mais a laissé passer un bon nombre de film qu’il a jugé non violent.
Après la sortie de ce film, d’autres bureaux de censure ont été créés dans des États comme l’Ohio où le film sera d’ailleurs interdit.
Pour se protéger des attaques et des critiques, David GRIFFITH a invoqué le 1er amendement en revendiquant la liberté d’expression.
La Cour Suprême a décidé dès lors que la censure ne pouvait s’appliquer à ce film qui, de par sa nature, concernait un public à caractère universel.
Pour sa part, le président W. WILSON a déclaré que ce film était « terriblement vrai » après que Thomas DIXON ait organisé une projection à la Maison Blanche et promut le film comme « approuvé par le gouvernement fédéral ».
De son côté, Arthur LINK, alors assistant du Président, démentit les propos de Thomas DIXON, en proclamant que « le Président ignorait la nature du film et, à aucun moment, aurait exprimé son approbation à son sujet ».
Le Président WILSON a ensuite déclaré ce film comme étant «une production malheureuse ».
Dans le film « Classée X », Melvin VAN PEEBLES, cinéaste, a traité le film la « Naissance d’une Nation » comme étant dégradant et ce d’autant plus qu’il a été tourné avec des acteurs dit de type européen dont on avait maquillé le visage.
Le film a été jugé par IMDb (autorité équivalente au CSA en France) comme un film de propagande soutenant la discrimination racial au préjudice de la population Noire.
L’historien Steven MINTZ de l’université de Houston a jugé que :
- la reconstruction suite à la guerre de Sécession avait été une catastrophe,
- les Noirs ne pourraient jamais être intégrés dans la société blanche d’égal à égal
- les actions violentes du Ku Klux Klan étaient justifiées pour permettre d’avoir un gouvernement honnête,
- le KKK avait rétabli l’ordre dans le Sud puisqu’il était menacé par les abolitionnistes, les libéraux et les Républicains du Nord
C’est cette vision de l’Histoire qui était encore perçue au début du XXe siècle...
W.E.B. Du Bois (fondateur de la NAACP) et d’autres historiens noirs ont contesté vigoureusement la version de MINTZ et ont fait remarquer la loyauté des afro-américains, leur présence et leurs contributions au cours de la guerre civile et lors de la reconstruction et de la mise en place d’une éducation publique universelle.
