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Les lois Jim Crow

Pour rendre légal cette injustice, les Lois Jim Crow on été instaurées en 1876. Elles créent un nouvel ordre social dans le Sud des Etat-Unis: la ségrégation raciale. Ce texte intervient pour hiérarchiser et réorganiser la société sudiste après l’abolition de l’esclavage et la guerre de Sécession.

Dès que les lois sont mise en place, le système ségrégationniste remplace le système esclavagiste. La majorité des lois Jim Crow resteront en vigueur jusqu’au vote du Civil Rights Act en 1964. Certaines sont toujours inscrites aujourd’hui dans les constitutions des états sudistes.

La Reconstruction, de 1863 à 1877, est une période de grands bouleversements dans le Sud des USA : défaite de la guerre de Sécession, destruction de la Confédération, abolition du système esclavagiste. La société sudiste doit alors se restructurer.

Le pays instaure l’égalité des droits pour tous les citoyens, mais la population blanche ex-confédérée réclame d’être protégée contre les noirs désormais libres.

Un Code Noir, calqué sur le modèle français de la première législation raciale de l’Histoire, est alors appliqué dans les provinces anciennement esclavagistes.

En 1876, afin d’uniformiser et d’institutionnaliser le nouveau système sociétal, l’ex Confédération et les « border states » (Virginie, Kentucky, Missouri, Delaware et Maryland, nommés ainsi en raison de leur double appartenance au Nord et au Sud durant la guerre civile) adoptent une nouvelle législation, appelée à rendre leur suprématie aux blancs en restreignant les droits des anciens esclaves.

L’ensemble de motions est rassemblé sous le nom de Jim Crow laws, en référence à un personnage très populaire des spectacles de l’époque, créé par Thomas Dartmouth "Daddy" Rice dans la chanson « Jump Jim Crow » et qui représente un noir typique du Deep South.

Les lois Jim Crow définissent les droits et les restrictions imposées à ceux qui deviendront les afro américains mais qui sont encore pour le moment appelés les nègres.

Elles légalisent la ségrégation raciale. Les textes indiquent que les citoyens doivent être « séparés mais égaux », mais dans la réalité, ils cantonnent les noirs à une infériorité de rigueur dans tous les instants de la vie publique et privée.

Les mesures les plus importantes des lois Jim Crow concernent la séparation des noirs et des blancs dans les lieux publics mais elles peuvent différer selon les états : les écoles, les églises et les hôpitaux pour noirs doivent être entièrement séparés. Dans les transports en commun, seules quelques places à l’arrière sont accessibles aux noirs, dans les restaurants, salles de spectacles, lieux de loisirs, les noirs sont généralement interdits. Ils peuvent être tolérés mais toujours dans un endroit séparé du reste de la clientèle, la promotion de l’égalité des droits, qu’elle se fasse par voie orale ou écrite, est un délit sanctionné par de la prison ferme, les métiers de la fonction publique sont réservés aux blancs. Les noirs peuvent y accéder mais seulement dans certains domaines, ils sont entièrement séparés de leurs collègues blancs.

 A cause des lois de Jim Crow, de nombreuses violences étaient présentent, comme le lynchage.

Les facettes moins connues de la législation ségrégationniste concernent la vie privée de la population, elles sont appliquées de manière différente dans chaque région : tout mariage entre une personne blanche et une personne nègre ou d’ascendance nègre jusqu’à la quatrième génération est interdit, les relations intimes hors mariage sont également interdites entre une personne blanche et une personne nègre ou d’ascendance nègre jusqu’à la quatrième génération, une personne noire ne peut ni adopter ni avoir sous sa tutelle un enfant blanc, même si les parents de celui-ci l’ont choisie, des familles noires et blanches ne peuvent pas vivre dans le même immeuble. Le propriétaire qui loue un appartement à des noirs dans un immeuble ou résident des blancs est passible d’emprisonnement.

Les différentes mesures des lois de ségrégation raciale aux USA seront abolies grâce aux mouvements pour les droits civiques menés par les leaders noirs, soutenus par une partie de la population blanche nordiste.

Une des premières voix à s’élever pour défendre les afro américains est celle de Marcus Garvey, qui crée l’organisation UNIA en 1917. Contrairement à ses successeurs qui lutteront pour l’insertion des noirs dans la société américaine, il prône la création d’une nation noire et le retour vers l’Afrique. Marcus Garvey, considéré comme un prophète rastafari pour avoir annoncé la venue du messie Haïlé Sélassié en Ethiopie, a massivement participé à l’émergence de la conscience noire et du combat pour les droits civiques.

Ce mouvement prend de l’ampleur après la seconde guerre mondiale.

Thurgood Marshall, avocat puis juge, fut le premier noir à siéger à la Cour Suprême américaine

La première grande victoire intervient en 1954, avec l’affaire Brown vs Board of Education. Au Kansas, en 1951, la jeune Linda Brown se voit refuser l’inscription dans une école blanche de son quartier. Son père rassemble d’autres parents d’élèves et intente une class action, une plainte en nom collectif, contre l’administration. Il obtient le soutien de la NAACP, qui décide d’organiser le même procès dans d’autres états. La majorité perd en justice. Les plaignants de tous les Etats-Unis s’associent alors pour faire appel à la Cour Suprême, ils sont défendus par Thurgood Marshall.

Le 17 mai 1954, les neuf juges de la Cour Suprême des Etats-Unis rendent leur verdict à l’unanimité : la ségrégation raciale à l’école est inconstitutionnelle.

Dix ans plus tard, grâce au combat des activistes noirs, le Civil Rights Act signé par le président Lyndon Johnson abolit les principales autres lois Jim Crow.

Mais certaines d’entre elles ne l’ont jamais été, même si la Cour Suprême les a rendues en théorie inapplicables. Aujourd’hui, la Californie continue de pratiquer la ségrégation à l’intérieur des établissements pénitentiaires et la constitution de l’Alabama stipule toujours que les enfants noirs et blancs doivent aller dans des écoles séparées.Le système ségrégationniste en vigueur jusque dans les années 60 a profondément marqué la société américaine.

Il a façonné le paysage géographique et économique actuel : durant des siècles, les afro américains du Sud ont fui l’esclavage, la ségrégation et la violence des groupes suprématistes blancs tels que le Ku Klux Klan, créant d’immenses ghettos dans les métropoles du Nord. Jusqu’au Civil Rights Act, ils n’ont pu occuper que des emplois subalternes.

Une infériorité qui perdure, notamment à cause de la difficulté d’accès à l’éducation : si la ségrégation scolaire a été abolie, il n’en reste pas moins que dans les faits les élèves restent séparés en fonction de leur couleur de peau. Une ségrégation qui ne s’effectue plus seulement entre les seuls blancs et noirs mais inclue désormais les latinos et les asiatiques et s’applique en fonction du milieu social. Les blancs restent la catégorie dite raciale la moins mélangée aux autres à l’école

L’abolition des lois Jim Crow a néanmoins permis l’évolution sociale d’une partie de la population noire américaine, aidée en ce sens par la discrimination positive instaurée en sa faveur, l’Affirmative Action.

Tandis que le pays des Droits de l’Homme s’embourbe dans des considérations identitaires et reste incapable d’accepter les enfants de ses colonies comme français, les USA ont su en moins de 50 ans passer d’un système ultra raciste et ségrégationniste à une société qui peut voir un noir accéder aux plus hautes fonctions… Tout en cantonnant une grande partie de la population afro américaine sous le seuil de pauvreté.

 

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